nuits off, nuitsoff, les nuits off, nuits off de radio libertaire

Retrouvez ici les chroniques de l'émission.
Le principe :
 

Ecrites à chaud, voici quelques lignes rédigées tout de suite après avoir vu un film. Le résultat est parfaitement subjectif.

Description de l'image


le cinéma n’est pas une pommade que l’on se sert pour se rassurer dans la vie, mais bien souvent un onguent pour nous apprendre à la comprendre ...

Description de l'image
Description de l'image

Arrival 
Le québécois Denis Villeneuve adapte une nouvelle écrite en 1998 par Ted Chiang : « L’histoire de ta vie ».  Le film apparaît vite comme une réponse du cinéaste à l’éternelle morale des « independances days “et autres productions cinématographiques militaristes auquel il fait sans cesse référence. 

Semblant nous alerter. Il y aurait bien dans l’imaginaire collectif porté par le cinéma une seule façon d’envisager l’arrivée d’extraterrestres. 

Plutôt que des missiles, Villeneuve rêve d’envoyer Noam Chomsky mener les négociations. C’est à peine crédible, mais ça a le mérite d’annoncer la couleur ! 

La réflexion sur un langage qui nous définirait comme des aborigènes ou des colons regardant un kangourou semble essentielle tant il est vrai que le langage partagé est évidemment la seule arme pour un rapprochement pacifique.

 

Certes le propos sur l’irréversibilité du temps posé par la nouvelle de ted Chiang semble plus discret pourtant Amy Adams incarne tour à tour la double facette de son personnage avec succès, on se laisse prendre au jeu des fashback to the futur.

Elle pose l’éternelle question à laquelle nous nous devrons de répondre au bar du MK2 après la projection : ‘que ferions-nous si nous connaissions d’avance tout le déroulé de notre vie ?’

 

Au final :  Il y a surtout une élégance dans ce film dont l’objectif semblait de rendre vulgaire d’un seul coup tout ce qui a été fait par le passé sur ‘les rencontres du 3e type’ !  

 


Réussit et drôle. Discount est l’histoire d'une rébellion positive et joyeuse dans cette fresque sociale à la Ken Loach. Les portraits sont un peu forcés, mais le réalisateur, Louis-Julien Petit semble traiter la réaction au désespoir. 
Les caisses automatiques, la robotisation et le licenciement symbolise l’ultime régression sociale pour ceux qui survivent déjà à peine déjà avec des salaires de misère..
Il puise dans de cruels faits divers récents, par exemple le licenciement d’une caissière qui récupérait des bons de réduction, ou il y a quelques mois, la mise en examen de jeunes qui se servaient dans les poubelles pour prendre les produits jetés par la grande distribution ! Il pose la question de redistribution, des modalités de résistance face à l’arbitraire. Discount, propose des pistes sans concessions et radicales.
Une ode à la désobéissance civile !

Description de l'image


Les anarchistes
Zut un film ou l'on apprend rien du tout sur les anars de cette époque, et sur l'anarchie encore moins. Par contre on sais tout sur la police et l'infiltration des groupuscules de l'époque. C'est un comble. Quelques bonnes tirades sans plus, il n’y a aucune proposition et l’on s’y ennuie un peu alors que le sujet est romantique et passionné, autant qu' historique et politique.
Bien reçu par la critique le travail des acteurs me semble à cours de diction et essouflé quand au paris de 1899 il méritait un plus bel éclairage.  

Description de l'image
Description de l'image

 SAMBA
Après “Intouchables”, le duo Toledano-Nakache fait une comédie sur un sujet qui mérite un film militant. Faire du cinéma social n'est pas donné à tout le monde : il faut plus que de bons acteurs : apprendre à écrire un scénario sans doute !

On se souvient que Philippe Lioret avait traité le sujet sans ménagement avec Welcom en 2009. Samba lui voulait être un film léger Il en oublie d'être objectif : On ne peut banaliser le scandale des camps de rétention, minimiser l'incroyable engagement des militants d’assos comme la Cimade, d'AC, de L'ANAFE entre autre. Cette poignée de gens formidables et généreux se bougent pour aider les sans-papiers pendant que nous nous regardons dans le métro. Comment oser traiter avec naïveté et condescendance l'aberration de l'administration française qui brise des vies et des familles. Malgré cela, les acteurs sont formidables, heureusement, eux semblent impliqués ! 

 

BIRDMAN

Avec ce sous-titre étonnant : "la surprenante vertu de l'ignorance", on se demande s'il s'agit ou non d'un film ou plutôt d'un long plan-séquence semant sans cesse le doute de ce qui est du théâtre et de la réalité dans nos vies. Jusqu'au ravissement : le ridicule de la célébrité sur Twitter ! 

Pourtant on s'interroge sur le chemin que veut suivre le réalisateur. Certainement celui de Carver. L'écrivain du désespoir, des personnages tranchés. A lire et relire. 

Carver et le cinéma c'est aussi Short Cuts de Robert Altman 1993  et Jindabyne de Ray Lawrence en 2006 .
Tout en regardant ce film je n'arrétais pas de penser à un sujet d'une émission que j'aimerai réaliser à propos d'un truc que j'ai lu et qui disait que 
"nous sommes aspiré par la force de l’image et d’une vie virtuelle qui tendraient à démontrer que nous construisons notre petite légende personnelle sur les réseaux sociaux à coups de légers arrangements avec la vérité. La déception est d’autant plus forte que le réel n’est pas toujours à la hauteur de nos espérance ou de nos fantasmes." 

Si je pensais à ça, c'est que je devais m'enuyer un peu sans douteCe film, lui, est donc à l'image de son sous-titre.  

Description de l'image

J'étais trés impatient de voir ce western écolo donc je n'arrive pas à le détester. Le film de Jake Paltrow est lent et maladroit. C’est peut-être ce qui en fait son charme. Ce réalisateur américain tourne ici en Afrique du Sud un film un peu brouillon et bien loin de son premier film : « The good night » (une comédie romantique où jouait Gwyneth Paltrow, sa star de sister en 2006). 
Ce film pose la question de ce que devient notre civilisation sans eau, ou presque. 

Avec ce film d'anticipation, il tend à démontrer qu’il n’est pas qu’un simple réalisateur de série (NYPD) mais peut imposer un style personnel à un scénario. Il lui reste à apprendre à les écrire.  

Description de l'image

THESE FINAL HOURS
À douze heures de la fin du monde,  que feriez vous ?  C'est le genre de questions que l'on se pose parfois entres amis et la voilà en film. J'aime à penser, comme dans ce film australien, que rien ne se passerait comme prévu. Ce road movie se prend les pieds dans plusieurs genres. On garde cette idée en tête qui avait bien marché dans "Alice dans les villes" le premier film de Wim Wenders : c'est la rencontre avec cette petite fille qui donne un sens à une fin qui n'en aurait plus de toute manière... Cet étrange cinéma de serie B de Zak Hilditch n'aura bénéficié que d'une sortis en salles confidentielle.  On devrait y survivre. 

Description de l'image

GONE GIRL
Dés la première seconde on retrouve l’univers des romans policiers de Chandlers. Mais cette fois, sous les atours d’un thriller, surgit une farce cruelle et horrifique sur le "mariage" et sur l’image du "couple parfait" de notre époque : « héro» médiatisé et idolâtré par notre civilisation. Amusant, et terrifiant : à ne pas mettre entre les mains des jeunes mariés ! Si le film de David Fincher épingle la société de la télé-réalité et de Facebook, il est avant tout un polar bien goalé aux recettes éculées, mais à la chute jubilatoire !

 

Description de l'image

THE DJUGE
À l’image d’un roman de Truman Capote ou de Faulkner, ce film est une descente en profondeur dans un univers familial du sud des États Unis. Quel étonnement de retrouver Robert Downey Jr. l'acteur d’Iron Man, aussi odieux, en humain pour un rôle de circonstance.
 Même si j’avais envie de m'enfuir après les 10 premières minutes il est à voir, car le cinéma n’est pas, après tout, une pommade que l’on se sert pour se rassurer dans la vie, mais bien souvent un onguent pour nous apprendre à la comprendre … "Le Juge" voulait être grand film, mais il ne s’est pas envolé malgrés la sincérité de ses acteurs sous la direction de David Dobkin le scénariste des films de Clint Eastwood bref :  c'est juste un bon film.

Description de l'image

Voilà la démonstration que l'on peu faire un film d'histoire, de lutte et de musique sans être jamais ni chiant ni dogmatique. Une belle tranche d'irlandais émouvante et intéressante ! J'ai quand mēme usė une boîte de mouchoirs ...Merci Ken Loach. 
 

Description de l'image

C'est une interrogation classique des paradoxes temporels ! bien vu !
Ce film autralien des frères Michael Spierig et Peter Spierig est l'adaptation d'une nouvelle de Robert A. Heinlein, écrite en mars 1959 et paru en France dans l'extraordinaire "Histoires de voyages dans le temps" (Le Livre de poche, en 1987). Il faudrait faire ici une chronique (ou une émission) sur les films qui se prennent les pieds dans le tapis volant des voyages dans le temps . C'est en général parfaitement stupide au cinéma.   

Description de l'image
Description de l'image
Description de l'image
  • JERSEY BOYS Ou l'origine du fameux groupe dont le tube est Cherry cherry hiiii baby hiiiiiii cherry baby hiiiii 
    Un film qui nous fait trémousser dans nos fauteuils...
    Clint Eastwood réalise là encore un biopic. On se souvient de « bird », sur la vie de Charlie Parker, film de fan de jazz qui reste un film de légende. Cette fois avec l’histoire de Frankie Valli & The Four Seasons, c’est l’histoire d’un groupe pop rock des années 1960 aux couleurs italo-américaines. Clint Eastwood raconte l’histoire d’un groupe de sa génération et il se sert de leur carrière éphémère pour écrire un questionnement sur le succès. Et le temps qui passe trop vite comme les tubs de ces 4 garçons du New Jersey. 
    Que vaut la gloire face à une vie d’homme ? On sent que papy nourrit quelques regrés en vieillissant. Ce film fort académique n’est pas son meilleur, mais il subsite quelques scènes de concert tournées de belle facture, le reste est hélas entendu. La petite lumière qui faisait de ce monsieur un cinéaste décalé semble baisser. 
    Eastwood travaille sur des grands récits américains pour en disséquer les ressorts, dit-on souvent : il oublie cette fois d’en faire la critique. 
    À voir, mais pas indispensable...Trés vite oublié comme une chanson de ces années là ? 

     

PAS SON GENRE 
Un joli film de Lucas Belvaux sur les rencontres amoureuses et leurs complexités. L'histoire est un peu faible mais Emilie Dequenne prend progressivement possession du film. Et finalement j'ai beaucoup aimé la scène ou Loic Corbery , en prof de Philo essaie d'expliquer à une classe qui s'en fout royalement que la philo sert à avoir un esprit critique. C'est pas si mal vu !
 

Description de l'image

J'aime la radio, j'aime la révolution des oeuillets : C'est la dernière révolution d'europe, qui s'est faite sans faire couler de sang.  Donc j'aime le film de Lionel Baier qui se passe en Avril 1974. Deux journalistes de la radio sont envoyés au Portugal pour réaliser un reportage sur l'entraide suisse dans ce pays. Bob, technicien proche de la retraite, les accompagne à bord de son fidèle combi VW. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu... 

 

Description de l'image

I'm Not There de Todd Haynes
Accumulation de détails poétiques et politique, de la folie et l'histoire de Bob Dylan. Il semble ici se mélanger les moments de sa vie (jouées par 6 acteurs) avec ses chansons. Je ne maîtrise hélas, pas assés bien l'anglais et tous les s
ecrets des chansons de ce grand artiste pour bien comprendre certaines finesses poétiques... Dommage, l'absence de fil narratif pour un biopic
est sans doute l'écueil et le génie de ce film. Les acteurs et surtout Cate Blanchettt & Charlotte Gainsbourg sont incroyables.  Mode d'emploi : Je crois qu'il faut lire un livre sur l'histoire de Dylan et traduire quelques chansons avant de le regarder sinon ça ressemble vachement à un délire de junky...La Bo est géniale, Film à revoir... 

Description de l'image

THE GRAND BUDAPEST
C'est un pur bonheur... L'univers des œuvres de l'écrivain Stefan Zweig sont revendiquées comme source d'inspiration pour le film. 
Wes Anderson visite ici les thèmes forts de ces films précédents avec une élégance absolue. Ce film est plus qu'une fable humaniste sur l'adoption contre les liens du sang en affirmant une réele opposition à la pureté de la race.  C'est surtout une démonstration de la force de l'esprit de résistance contre l'apathie. Pratique de resistance intelectuelle terriblement d'actualité.  J'ai déjà envie de le revoir une seconde fois ! 

Description de l'image

Soirée Autour du monde /  3 Classiques à revoir  
UN THE AU SAHARA

Un des chefs d'oeuvre de Bertolucci qui adapte Le fascinant roman de Paul Bowles "The Sheltering Sky". L'écrivain vit à Tanger en 1949 et écrit toute la journée dans un café de la ville. Ce film fonctionne comme si Paul Bowles racontait l'histoire de cette femme : Kit Moresby (incroyablement interprétée par Debra Winger).

Description de l'image

THE LUNCH BOX 
Ritesh Batra est un réalisateur de la nouvelle vague indienne. Il offre un film intimiste qui raconte la vie dans les classes moyennes de Bombay. 

La ville du monde avec Paris ou règne la plus grand densité de population, où tout est possible, même les plus grandes solitudes. 
Un film à déguster, un film lent à la morale acide et la chute inévitable. 

Description de l'image

ZULU
Un thriller Zoulou, sur l'Afrique du sud Adapté du roman de Caryl Férey avec un héros qui est en second plan tout le temps. Tous les personnages sont en proie à la violence et aux blessures de l'apartheid qui ne se sont pas encore refermées...  Polar, film noir, manifeste politique, analyse historique, réflexion philosophique un film qui en fait beaucoups mais pas encore remplir le la
ve-vaisselle. 

Description de l'image

Série 

Deadwood
Créée en 2004 par David Milch d'après le roman éponyme de Pete Dexter

Série surprenante de western vérité qui fait penser aux nouvelles de jack London
: la seconde saison contraste de violente physique et reflexion phylosophiques avec  des dialogues incroyables ... La morale est celle du rève américain dans son réalisme le plus cru. Terrible !

Description de l'image


« Les hommes de la pub » : la série que vous allez détester sans pouvoir en décoller. 
C’est évidemment une série historique et une réflexion magistrale à propos de la modernité et du rapport de l’individu face à la société et ses changements rapides des années 50 à nos jours ! 

Mad Mens est une série télévisée américaine en 92 épisodes de 47 minutes créée par Matthew Weiner … J’y ai vu, la vie et la mort de nos parents. Parfois en grinçant des dents ! Par moment, certaines répliques de Don ou Betty Drapper faisaient échos aux attitudes et propos entendus durant mon enfance. La justesse et la précision historique de la série renforcent cette impression. De la baie des cochons, l’assassinat des 2 « Kennedy » à la folle aventure d’Appolo 11; mais la série adopte un discours sans complaisance et pose la vérité sur une civilisation qui finalement se nourrit d’adictions : le tabagisme, l’alcoolisme, d’adultère de sexisme et de drogues. Le monde des mad mens comme notre société est celle où tous ces éléments comme le racisme ordinaire font partie du décor.  

  
Mad men n’est en définitive qu’un long récit pour nous faire comprendre que si nous ne sommes que des consommateurs, des amoureux calculateurs et des ambitieux égoïstes ce ne serait finalement que parce que nous n’aurons pas le temps de nous adapter aux changements historiques qui s’imposent à nous.

Au bout de 7 saisons nous avons tout compris : nous nous admirons dans le miroir en buvant un coca : cette seule vérité réconcilie le monde et notre moi supérieur, nous nous acomodons de nos renoncements en singeant l’image de l’«Happy People» des publicités que nous reproduisons sans cesse sans même savoir pourquoi ... 

https://www.youtube.com/watch?v=LfuMhXcLa-Q

chronique réalisée avec le soutiens logistique de Rico 

Description de l'image